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2016-04-30

Que d’eau ! Que d’eau !




Pas besoin de s’appeler Patrice de Mac-Mahon pour exprimer sa surprise, son inquiétude, devant la Saône qui prend ses aises.
Cette expression que l’on attribue à Mac-Mahon, sans certitude pour autant, aurait été prononcée à Moissac le 26 juin 1875 lors des terribles inondations de la Garonne. Mac-Mahon regardant l’eau dit 
-      Que d’eau ! que d’eau !
-      Et encore, Monsieur le Maréchal, vous ne voyez que le dessus. ! lui dit son aide de camp
Depuis la semaine dernière, la Saône est chahutée entre le Doubs qui arrive à Verdun-sur-le-Doubs, impulsif, vigoureux, indiscipliné gorgé des eaux du Jura et le Rhône, fougueux, majestueux, puissant, qui empêche la Saône d’entrer dans son lit à Lyon… en fait, double crise conjugale où la Saône s’incline et donc dépitée s’étale…
  Mais sous l’eau de la Saône à Port-Rivière, où l’on compte en centimètres son débordement sur la route, qu’y a-t-il ?

Le long de la route, assis pour certains sur les bancs publics (♫ bancs publics, bancs publics… ♫), les pêcheurs se suivent et se ressemblent. Au moins, je peux causer avec eux, ils sont au sec :
-      Les poissons aussi sortent de leur habitat ?
-      Oui… pour eux pas de frontière
-      Ça mord ?
-      Pas vraiment. Ce qui est dommage, c’est qu’ils n’ont pas eu le temps de faucher l’herbe (dans l’anse, il y a une grande prairie), alors le poisson se faufile dans les grandes herbes et ne voit pas les appâts.
-      Peut-être qu’ils ont autre chose à déguster ?
-      Sans doute… mais on essaie quand même…
Bon, on vous le redit : , le camping est interdit !
 Et quand l’eau a commencé à se retirer lentement, mais sûrement. La grande prairie ? On dirait qu’elle a oublié de se peigner : « ah ! Je me réveille à peine ! Je suis toute décoiffée ! ». 


J’espère que les poissons se sont retirés au fur et à mesure de l’eau… 

Pendant ce temps-là, le printemps, frisquet le matin, j’avoue, est présent. Les lilas et les iris sont superbes et sentent bon… la vie.